L'habitation la Mahaudière ou la cache de Lucile

L'une de mes premières caches vous mènera dans les ruines d'une ancienne habitation. Certes il n'en reste aujourd'hui que des ruines: un moulin transformé en chapelle, une cheminée, quelques bâtiments envahis par la végétation et quelques cuves métalliques. Mais ce lieu est chargé d'histoire ... et moi l'histoire j'aime ça !!!

La géocache est située dans les ruines de l'un des bâtiments. Vous pouvez accéder au listing ici: GC4DC29

Pour visiter La Mahaudière c'est à Grande Terre que vous devrez aller.

L’Habitation de la Mahaudière est située 12 km à l’Est de la commune de l’Anse Bertrand, à la sortie du hameau de Campêche.

L’histoire de l’habitation Mahaudière remonte à 1732, lorsqu’elle n’est encore qu’une parcelle de terre identifiée sous le numéro 570. A l’époque, il ne s’agit pas encore d’une sucrerie. Ce n’est qu’à partir de 1764 qu’elle est reconnue sous le nom de Mahaudière sur la carte des ingénieurs du Roi de France. Vers 1770, la propriété d’Etienne Douillard Mahaudière évoque plutôt une grosse cotonnerie disposant d’un grand nombre de cases d’esclaves mais de très peu de bâtiments industriels. Il existait alors de très nombreuses cotonneries dans cette partie de la Grande-Terre. La propriété s’agrandit progressivement et se tourne vers la production de sucre jusqu’à la Révolution où elle est séquestrée. 200 cultivateurs travaillent alors sur l’habitation « Lahaut », telle qu’elle est alors nommée. En 1796, l’habitation passe à la veuve Douillard Mahaudière. Ses fils Pierre et Jean Baptiste Douillard Mahaudière, fondent en 1812 une société pour gérer l’habitation qui devient alors une sucrerie. Celle-ci revient entièrement à Jean-Baptiste Douillard Mahaudière suite au décès de sons frère Pierre en 1825. En 1828, 147 esclaves y sont employés à valoriser les 465 ha de la propriété.

L’habitation Mahaudière fusionne en 1845 avec l’habitation Là-haut. Les noms de Mahaudière et Là-Haut sont employés indifféremment à partir de cette époque. Dans les années suivant l’abolition de l’esclavage, l’habitation périclite lentement. Néanmoins, la sucrerie reste dans la famille Douillard Mahaudière jusqu’en 1881. A cette date, elle est vendue à Olive Antonin Guyot, qui le revend à son tour en 1900 à Maurice Diot. Ce dernier, pour échapper aux crises que connaît la culture de la canne à sucre, décide de transformer l’habitation sucrerie en distillerie. La culture cannière subit en effet de nombreux aléas depuis 1843, à cause des conditions climatiques, du manque de main d’œuvre suite à l’abolition de l’esclavage en 1848, et surtout à cause de l’absence d’usine centrale. L’habitation Mahaudière tente pendant des années de s’en sortir mais se voit obligée d’arrêter ses activités sucrières vers 1886 au profit d’une activité rhumière, qui ne connaît pas plus de succès. Alors que sa situation financière empire, Maurice Diot décide en 1928 de revendre tous les bâtiments et le matériel industriel à Jean Lignières, qui la revend lui-même à Amédée Valeau, un distillateur qui cédera par la suite une partie du matériel à l’usine de Beauport à Port Louis. L’activité perdurera sur le site jusqu’au début des années 1950.

Aujourd'hui le terrain appartient au conseil général. L'accès au site est libre et gratuit. C'est également le lieu de départ de nombreuses randonnées pédestres ou VTT. Si vous avez de la chance vous pourrez y assister a des courses de bœufs-tirant. Elle fait partie du circuit culturel "La route de l'esclave".

L'affaire judiciaire: Le nom de Jean-Baptiste Douillard Mahaudière reste attaché à une affaire judiciaire célèbre. En octobre 1840, il fut poursuivi par la justice pour séquestration abusive de son esclave Lucile, couturière. Celle-ci était accusée par son maître d’avoir empoisonné sa femme. Lucile fut jetée dans un cachot mesurant 5m² et seulement 1,20m de haut de sorte qu’elle ne pouvait s’y tenir debout. Elle y resta près de deux ans dans un isolement quasi-absolu. Dénoncé à la justice par lettre anonyme, Douillard Mahaudière dut répondre de ce crime devant les assises de Pointe-à-Pitre. Le procureur du roi, lui-même colon et propriétaire en Guadeloupe, se trouva tiraillé entre son rôle de magistrat et les intérêts de la communauté à laquelle il appartenait. Sous la pression des colons, Douillard Mahaudière fut déclaré non coupable et acquitté. L’esclave Lucile fut vendue.

Tag(s) : #Geocache, #Habitation, #Esclavage, #Campeche, #Grande Terre

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